Tout ce que fait Canal, c'est propre, c'est classe. Ils ont réussi la prouesse, avec le Journal du Hard, de faire du spectacle assez gras qu'est le porno une espèce d'émission à voir, au moins une fois. Cette prouesse, ils l'ont réitérée avec le foot. Hervé Mathoux est parfait, tout comme Isabelle Moreau, Pierre Ménès, Christophe Dugarry et Marco Simone. Les autres, on s'en fout, ils font surtout office de figurant. Ménès est là pour amuser, soit en lançant des boutades, soit en lançant des vannes. Pour les vannes, ça va, il maîtrise. Ne reste plus qu'à arrêter les boutades. Par pitié, Pierrot... Mais il est aussi et surtout là pour faire des analyses qui, là, sont systématiquement justes. Brillantes ? Pour que les critiques et/ou analyses brillent, il faut que l'objet ait un quelconque éclat...
Tout est parfait dans le CFC, à sa place, bien léché, bien repassé et bien pesé. Tous les animateurs sont excellents dans leur rôle. Dugga et Marco sont bien évidemment pertinents et, avec Ménès, il n'y a aucune chance pour que le truc intelligent à dire ne soit pas dit. Toutefois, quelque chose déconne dans le CFC. C'est trop. On se croirait au Festival de Cannes. Les lumières, la bande son, le suspens habilement distillé entre les différentes plages publicitaires... Tout ça pour : du foot. C'est là que ça déconne. Les vraies questions étant : Est-ce qu'il y a vraiment quelque chose à dire avant un match une fois qu'on a donné la liste des joueurs, des blessés et des suspendus ? Est-ce qu'il y a vraiment quelque chose à dire après un match, une fois qu'on a vu les buts et que l'on connaît le score ?
Les joueurs se retrouvent en tout cas avec leur émission. À l'instar des chanteurs et acteurs pour qui, j'imagine, il est important de passer au Grand Journal, il est devenu important pour un footeux de passer, ou plutôt d'être passé au CFC. Un des résultats navrant de cette nouvelle messe est que les joueurs essaient d'être originaux pour "fêter" leurs buts sur le terrain. Ils sautent et font des saltos, au risque de se casser quelque chose comme des glands. Ils improvisent pour de faux des danses, des mimiques, des conneries quoi. Un autre résultat est qu'on leur demande trop, à ces joueurs, en-dehors du terrain. Paga et consors sont aux abois et dès qu'un Gameiro, qu'un Payet ou qu'un Boudebouz quitte la pelouse, il est alpagué. Il n'a jamais rien d'intéressant à dire et il parle une langue étrange faite d'une trentaine de mots. Pas grave : on veut qu'il nous parle, avec ses quelques mots. Pour la défense du joueur, toutefois, il est à noter qu'avant de trouver que ses réponses sont nulles, il convient d'étudier de près les questions. "Vous avez marqué et votre équipe à gagné : ça fait du bien non ?" À question conne, réponse conne...
Quelque chose déconne, donc, dans le CFC, et c'est juste le foot. Cela ne mérite peut-être pas un tel spectacle. Sans compter que le niveau des protagonistes demeure consternant. Comme l'a dit Saint Ménès, au sujet de la gue-guerre entre Ribery et Gourcuff : << Les autres joueurs n'aiment pas Gourcuff parce qu'il est bien élevé et parce que contrairement à eux il n'écrit pas papa avec trois p. >> Tout est dit.
mardi 19 octobre 2010
CLAUDE CHABROL EST MORT
13 septembre 2010. Claude Chabrol est mort. C’était un bon cinéaste et sûrement un chic type, d’accord. Et après ? Qu’est-ce que cela nous fait, en vrai ? Mines de déterrés au JT de France 2, succession dans tout le PAF de stars qui l’ont connu, qui ont travaillé avec lui, qui l’aimaient, qui le trouvaient extraordinaire. C’est parti pour la canonisation cathodique en direct. On voudrait nous faire pleurer, sauf que cet homme n’est rien pour nous, c’est un étranger, c’est un inconnu. Il a vécu en faisant des films. Maintenant on laisse entendre qu’il a fait tout ça pour le public, qu’il a fait ça en offrande ou je ne sais quoi. Absurdités. Chabrol a fait cadeau de quoi ? Rien du tout, il était comme les copains, il a fait une carrière, par ailleurs bien remplie. Les artistes ont beaucoup de motivations, de muses et de rancoeurs même, qui les poussent à créer. Mais l’offrande au public... non, vraiment, on veut nous faire croire au merveilleux. On veut nous donner ce merveilleux pour emballer le paquet, pour faire entrer le deuil dans notre salon. De force. Conneries. Mensonges. À vomir, tiens. On veut faire entrer chez nous le deuil à coups de chausse-pieds, c’est tout David Pujadas qu’ils ont recouvert de vaseline pour nous faire passer une tristesse qui n’est pas la nôtre.
Les personnalités qui défilent sur les plateaux des JT sont touchées, parce qu’elles l’ont connu. Mais nous ? Ils nous montrent des images de son dernier tournage, Chabrol qui fait le con avec Depardieu. Le spectacle jusqu’au bout, avec toute son indécence. Je ne comprends pas ces types qui viennent sur un plateau de télévision pour confirmer qu’ils connaissaient le défunt et qu’ils sont tristes, je ne comprends pas leur démarche. Nous, pour le deuil, on se cache. On se rentre chez soi et on pleure. On ne va pas s’afficher, on ne va pas faire du lancer de larmes en direct. Les mecs de la télé nous font participer à leur tristesse, non feinte dans le meilleur des cas. Ça c’est quelque chose que personne ne fera jamais dans le civil. Lorsque vous avez un deuil à digérer, vous prenez quelques jours de congés. Vous n’allez en tout cas pas à votre boulot pour pleurer sur votre bureau, raconter à tout le monde comment il était fantastique, papi Gaston. On trouverait ça vulgaire. Eh bien dans le petit écran on est vulgaire, jusque dans la mort.
À la fin du journal télévisé, Pujadas annonce que France 2 a bouleversé ses programmes et diffuse L’ivresse du pouvoir, avec Isabelle Huppert. C’est un assez bon film, sauf que Huppert est peut-être mal choisie pour incarner Eva Joly. Heureusement qu’il y a François Berléand. C’est la dernière fois avant longtemps, en tout cas, qu’on va voir du Chabrol. Avant l’année prochaine en fait, pour l’anniversaire de sa mort, et comme ça pendant des années, tant que les mecs qui choisissent les programmes seront assez vieux pour avoir connu ses films de leur vivant.
Les personnalités qui défilent sur les plateaux des JT sont touchées, parce qu’elles l’ont connu. Mais nous ? Ils nous montrent des images de son dernier tournage, Chabrol qui fait le con avec Depardieu. Le spectacle jusqu’au bout, avec toute son indécence. Je ne comprends pas ces types qui viennent sur un plateau de télévision pour confirmer qu’ils connaissaient le défunt et qu’ils sont tristes, je ne comprends pas leur démarche. Nous, pour le deuil, on se cache. On se rentre chez soi et on pleure. On ne va pas s’afficher, on ne va pas faire du lancer de larmes en direct. Les mecs de la télé nous font participer à leur tristesse, non feinte dans le meilleur des cas. Ça c’est quelque chose que personne ne fera jamais dans le civil. Lorsque vous avez un deuil à digérer, vous prenez quelques jours de congés. Vous n’allez en tout cas pas à votre boulot pour pleurer sur votre bureau, raconter à tout le monde comment il était fantastique, papi Gaston. On trouverait ça vulgaire. Eh bien dans le petit écran on est vulgaire, jusque dans la mort.
À la fin du journal télévisé, Pujadas annonce que France 2 a bouleversé ses programmes et diffuse L’ivresse du pouvoir, avec Isabelle Huppert. C’est un assez bon film, sauf que Huppert est peut-être mal choisie pour incarner Eva Joly. Heureusement qu’il y a François Berléand. C’est la dernière fois avant longtemps, en tout cas, qu’on va voir du Chabrol. Avant l’année prochaine en fait, pour l’anniversaire de sa mort, et comme ça pendant des années, tant que les mecs qui choisissent les programmes seront assez vieux pour avoir connu ses films de leur vivant.
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