mardi 19 octobre 2010

LE CFC : LA CÉRÉMONIE DU FOOT EN CLAIR

Tout ce que fait Canal, c'est propre, c'est classe. Ils ont réussi la prouesse, avec le Journal du Hard, de faire du spectacle assez gras qu'est le porno une espèce d'émission à voir, au moins une fois. Cette prouesse, ils l'ont réitérée avec le foot. Hervé Mathoux est parfait, tout comme Isabelle Moreau, Pierre Ménès, Christophe Dugarry et Marco Simone. Les autres, on s'en fout, ils font surtout office de figurant. Ménès est là pour amuser, soit en lançant des boutades, soit en lançant des vannes. Pour les vannes, ça va, il maîtrise. Ne reste plus qu'à arrêter les boutades. Par pitié, Pierrot... Mais il est aussi et surtout là pour faire des analyses qui, là, sont systématiquement justes. Brillantes ? Pour que les critiques et/ou analyses brillent, il faut que l'objet ait un quelconque éclat...

Tout est parfait dans le CFC, à sa place, bien léché, bien repassé et bien pesé. Tous les animateurs sont excellents dans leur rôle. Dugga et Marco sont bien évidemment pertinents et, avec Ménès, il n'y a aucune chance pour que le truc intelligent à dire ne soit pas dit. Toutefois, quelque chose déconne dans le CFC. C'est trop. On se croirait au Festival de Cannes. Les lumières, la bande son, le suspens habilement distillé entre les différentes plages publicitaires... Tout ça pour : du foot. C'est là que ça déconne. Les vraies questions étant : Est-ce qu'il y a vraiment quelque chose à dire avant un match une fois qu'on a donné la liste des joueurs, des blessés et des suspendus ? Est-ce qu'il y a vraiment quelque chose à dire après un match, une fois qu'on a vu les buts et que l'on connaît le score ?

Les joueurs se retrouvent en tout cas avec leur émission. À l'instar des chanteurs et acteurs pour qui, j'imagine, il est important de passer au Grand Journal, il est devenu important pour un footeux de passer, ou plutôt d'être passé au CFC. Un des résultats navrant de cette nouvelle messe est que les joueurs essaient d'être originaux pour "fêter" leurs buts sur le terrain. Ils sautent et font des saltos, au risque de se casser quelque chose comme des glands. Ils improvisent pour de faux des danses, des mimiques, des conneries quoi. Un autre résultat est qu'on leur demande trop, à ces joueurs, en-dehors du terrain. Paga et consors sont aux abois et dès qu'un Gameiro, qu'un Payet ou qu'un Boudebouz quitte la pelouse, il est alpagué. Il n'a jamais rien d'intéressant à dire et il parle une langue étrange faite d'une trentaine de mots. Pas grave : on veut qu'il nous parle, avec ses quelques mots. Pour la défense du joueur, toutefois, il est à noter qu'avant de trouver que ses réponses sont nulles, il convient d'étudier de près les questions. "Vous avez marqué et votre équipe à gagné : ça fait du bien non ?" À question conne, réponse conne...

Quelque chose déconne, donc, dans le CFC, et c'est juste le foot. Cela ne mérite peut-être pas un tel spectacle. Sans compter que le niveau des protagonistes demeure consternant. Comme l'a dit Saint Ménès, au sujet de la gue-guerre entre Ribery et Gourcuff : << Les autres joueurs n'aiment pas Gourcuff parce qu'il est bien élevé et parce que contrairement à eux il n'écrit pas papa avec trois p. >> Tout est dit.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire